Charte de déontologie

Voici quelques recommandations pratiques destinées à faciliter la relation professionnelle du journaliste avec ses sources et, partant, lui éviter quelques écueils :

Le journaliste et la détention d’actions

Pour les journalistes traitant de l’économie, tant en France qu’à l’étranger, il est recommandé de ne pas gérer directement leur éventuel portefeuille d’actions et de le confier à un cabinet spécialisé. Voici le texte intégral d’une recommandation en ce sens émanant du service économique, datant d’octobre 2002 :

«Afin que personne ne puisse nous soupçonner de biaiser notre couverture en fonction d’intérêts personnels, il est expressément recommandé aux journalistes qui couvrent l’économie en France et à l’étranger de ne pas détenir d’actions en direct».

«Il est absolument nécessaire que les journalistes s’interdisent d’avoir en portefeuille des actions de sociétés qu’ils couvrent au quotidien».

«En aucun cas un ordinateur ou un téléphone de l’AFP, qu’ils soient fixes ou portables, ne peut servir à passer des ordres boursiers».

«Les collègues qui peuvent et veulent faire fructifier leur argent peuvent faire gérer leur patrimoine par un tiers ou bien investir dans des Sicav ou des emprunts d’Etat».

«Cette politique est déjà celle en pratique dans les médias anglo-saxons.»

Ne pas respecter cette recommandation, c’est pour le journaliste prendre le risque de tomber sous le coup d’un délit d’initié, ou de recel de délit d’initié. Ces délits sont passibles d’une peine allant jusqu’à 2 ans de prison, et d’une amende de 152.450 euros à laquelle s’ajoute le remboursement au minimum du profit réalisé. Ce remboursement peut être porté à dix fois le profit réalisé, précise l’article L-465-1 du Code du Commerce.

L'autorité des marchés financiers (AMF) est habilitée à sanctionner toute personne ayant commis un délit d’initié. L'AMF ne peut prononcer que des peines d’amende. Le recel de délit d’initié peut commencer avec l’exploitation de renseignements obtenus lors d’une écoute indiscrète dans un avion ou au restaurant par exemple.

La politique des cadeaux

Recevoir ou offrir un cadeau gratifie les relations humaines. Mais il arrive que cette gratification vise d’autres objectifs que le simple plaisir de donner ou de recevoir. Il appartient donc au journaliste d’en avoir conscience. C’est pourquoi, dans le cadre de relations professionnelles, il est recommandé :

NB: Tout produit, dit de "service de presse", doit être envoyé au service ou au bureau dont le journaliste dépend et non à son domicile.

Les invitations

L’acceptation ou non d’une invitation professionnelle doit s’apprécier principalement en fonction de critères journalistiques, au besoin avec la hiérarchie du service et de la rédaction en chef. Il peut être recommandé ce qui suit :

Les voyages

En règle générale l’AFP finance les voyages professionnels de son personnel. L’intérêt de l’information ou la possibilité d’accroître des contacts sont des facteurs déterminants dans l’acceptation ou non d’un voyage. Si les frais de déplacements et de séjours sont pris en charge par une puissance invitante, il appartient au journaliste d’en référer à sa hiérarchie avant toute décision. La participation financière de l’AFP au déplacement d’un journaliste peut, exceptionnellement, être réduite au minimum (frais de repas et de bar par exemple), avec l’accord de la hiérarchie du service ou de la rédaction en chef. En aucun cas, cette participation ne peut être nulle. Il appartient :

Il ne peut être considéré comme normal, comme allant de soi, de se faire financer un déplacement par une source, quelle qu’elle soit. La puissance invitante peut toujours être tentée d’influencer plus directement le contenu des papiers. Ne pas en avoir conscience c’est affaiblir la frontière entre communication et information.

Les «ménages»

Animer un débat, entraîner une personnalité à affronter les médias, sont autant d’activités parallèles qui ne peuvent se faire au détriment de l’AFP, employeur principal, et dans le respect des quelques règles suivantes :

ATTENTION :

Les collaborations extérieures (piges)

Deux types de piges : l’une occasionnelle, demandée par l’AFP ou par un média audiovisuel, et l’autre, régulière, régie par des dispositions établies par la convention nationale des journalistes. Piges occasionnelles : Si la demande émane directement d’un média audiovisuel (les demandes de média écrits étant plus rares), l’accord de l’AFP est tacite, ne serait-ce qu’en raison de l’urgence. Il appartient ensuite au journaliste d’avertir par note le service commercial de l’Agence. Piges régulières : L’AFP, en tant qu’employeur principal, doit donner son accord écrit à une demande écrite, comme le prévoit la convention collective. L’AFP doit toujours rester prioritaire. Si l’AFP refuse, elle doit motiver sa décision, dans un délai de dix jours. Au delà, la réponse est considérée comme positive (article 7 de la convention). Ces règles s’appliquent également à tous les journalistes de statut local employés dans différents bureaux de l’AFP à travers le monde. Avant de publier un livre, le journaliste doit aviser la direction de l’information et son chef de service si sa qualité de journaliste de l’AFP est mentionnée. L’éventuelle critique de l’ouvrage doit être soumise à la rédaction en chef avant la mise sur les fils.